La bouche dâun chat raconte son histoire de santĂ©. Quand les gencives virent au rouge et que lâhaleine pique le nez, lâalarme sonne. La gingivite et la gingivostomatite ne sont pas des fatalitĂ©s, mais des maladies inflammatoires complexes oĂč plaque, tartre, microbiote, virus et immunitĂ© se croisent. Bien prises en charge, elles cessent dâempoisonner le quotidien.
Un fil conducteur accompagne ces lignes: Moka, 6 ans, Siamois. Curieux, joueur, puis soudain grognon devant sa gamelle, bave au menton et pelage nĂ©gligĂ©. Son cas illustre les bons rĂ©flexes Ă adopter, les erreurs Ă Ă©viter, et les leviers efficaces pour rĂ©duire la douleur, contrĂŽler lâinflammation, et prĂ©server la qualitĂ© de vie.
Objectif concret: aider à reconnaßtre tÎt les signes, comprendre le mécanisme, organiser un parcours de soins pragmatique, bùtir une hygiÚne durable, et maintenir le lien plaisir-alimentation malgré la douleur.
- â En bref – Points clĂ©s pour agir vite et bien :
- đŠ· La gingivite est localisĂ©e aux gencives, la gingivostomatite sâĂ©tend Ă la bouche caudale, la langue ou les joues.
- đ„ La douleur est souvent majeure et provoque baisse dâappĂ©tit, agressivitĂ©, hypersalivation, halitose.
- đ§Ș Le diagnostic sâappuie sur lâexamen buccal, la radiographie dentaire et, si besoin, RT-PCR calicivirus et sĂ©rologies FIV-FeLV.
- đ ïž Le traitement combine dĂ©tartrage, extractions ciblĂ©es, analgĂ©sie, contrĂŽle bactĂ©riens, immunomodulateurs et soins Ă domicile.
- đ„ Lâalimentation et lâhygiĂšne font une vraie diffĂ©rence: brossage, gels, poudres Ă algues, croquettes dentaires, eau enrichie.
- đ Avec un suivi, beaucoup de chats retrouvent un confort de vie acceptable, mĂȘme en cas de GSCF tenace.
Gingivite et gingivostomatite du chat: comprendre lâinflammation, du biofilm Ă lâimmunitĂ©
La gingivite naĂźt dâune accumulation de plaque dentaire sur le bord gingival. Non retirĂ©e, cette plaque se minĂ©ralise en tartre, qui entretient une rĂ©action inflammatoire locale. Chez le chat, cette dynamique peut, chez certains individus, basculer vers une rĂ©ponse immunitaire disproportionnĂ©e touchant toute la cavitĂ© orale: on parle alors de gingivostomatite chronique fĂ©line ou GSCF.
Sur la scĂšne microscopique, câest un dialogue tendu entre bactĂ©ries du biofilm, particules alimentaires et systĂšme immunitaire. Le tissu gingival libĂšre des mĂ©diateurs pro-inflammatoires; la douleur sâinstalle, lâhalitose se renforce, et lâanimal rĂ©duit sa toilette. Moka illustre ce cercle vicieux: aprĂšs quelques jours de grignotage douloureux, son pelage se ternit et des fils de salive apparaissent.
LittĂ©rature Ă lâappui, la maladie parodontale est trĂšs frĂ©quente chez lâadulte. Des travaux publiĂ©s au dĂ©but des annĂ©es 2010 sur les carnivores domestiques ont montrĂ© quâune part majeure des individus de plus de 5 ans prĂ©sente une atteinte gingivale ou parodontale. En 2025, les cabinets constatent la mĂȘme tendance, portĂ©e par une longĂ©vitĂ© accrue et des habitudes alimentaires parfois collantes.
Deux nuances structurent le dossier. Dâabord, gingivite vs gingivostomatite ne dĂ©signent pas la mĂȘme Ă©tendue lĂ©sionnelle. Ensuite, plusieurs virus, en particulier le calicivirus fĂ©lin, peuvent servir dâ« allumeurs » immunitaires. Lien direct avec FIV et FeLV? Les donnĂ©es restent nuancĂ©es: ces rĂ©trovirus nâexpliquent pas la GSCF Ă eux seuls, mais leur prĂ©sence affaiblit lâhĂŽte et complique les rĂ©ponses thĂ©rapeutiques.
Dans la vie rĂ©elle, des facteurs sâadditionnent: gĂšnes, plaque tenace, microbiote buccal spĂ©cifique, stress, nutrition trĂšs riche en glucides, comorbiditĂ©s qui diminuent la salivation. Comprendre ces couches de causalitĂ© aide Ă bĂątir un plan qui dĂ©passe la seule antibiothĂ©rapie.
- đ§© RepĂšres essentiels :
- đą Gingivite: inflammation des gencives, souvent rĂ©versible avec hygiĂšne adaptĂ©e.
- đ Gingivostomatite: inflammation Ă©tendue, douleur importante, composante immunitaire marquĂ©e.
- đ§Ź Calicivirus impliquĂ© chez de nombreux chats, sans ĂȘtre lâunique cause.
- đ§Ș Non contagieuse en tant que telle, mais certaines infections concomitantes le sont.
- đĄïž Vaccination contre le coryza utile pour limiter certains dĂ©clencheurs viraux.
| Aspect clĂ© đ | Gingivite đŠ· | Gingivostomatite đ„ | Message pratique đĄ |
|---|---|---|---|
| Zone touchĂ©e | Gencives uniquement | Fond de bouche, joues, langue possibles | Ătendue lĂ©sionnelle guide la stratĂ©gie |
| Douleur | De faible Ă modĂ©rĂ©e | Souvent sĂ©vĂšre đż | Prioriser lâanalgĂ©sie |
| Déclencheurs | Plaque et tartre | Plaque + réponse immunitaire + virus | ContrÎle du biofilm indispensable |
| Pronostic | Bon avec hygiÚne | Variable, nécessite un plan long terme | Suivi structuré sur 3 à 6 mois |
Point dâancrage pour la suite: viser un contrĂŽle multifactoriel de lâinflammation, sans dogme, avec une boĂźte Ă outils large et cohĂ©rente.

SymptĂŽmes, douleur et complications: reconnaĂźtre tĂŽt la gingivite et la gingivostomatite du chat
La douleur buccale transforme le comportement dâun chat. Les gencives deviennent rouges, oedĂ©matiĂ©es, parfois saignantes. Lâanimal approche la gamelle, recule, pousse un petit cri, avale de travers. La salivation augmente, lâhaleine se charge, la toilette sâinterrompt. Chez Moka, la famille remarque une perte dâintĂ©rĂȘt pour les croquettes et quelques griffures quand on tente dâexaminer sa bouche.
Les signes sâinstallent par paliers. Dâabord une mastication sĂ©lective, puis le tri des aliments, enfin une anorexie partielle ou totale. Dans les formes Ă©tendues, lâinflammation caudale rend lâavalement douloureux, dâoĂč la bave persistante. Sans prise en charge, la perte de poids sâaccĂ©lĂšre, le chat se dĂ©shydrate et lâimmunitĂ© vacille.
La vigilance doit sâexercer dĂšs les premiers indices. Un chat qui mange moins nâexprime pas une lubie alimentaire, câest souvent un signal de douleur. Une visite prĂ©coce limite les coĂ»ts et Ă©vite les complications parodontales profondes.
- đ Ă observer Ă la maison :
- đŒ Changements dâhumeur, irritabilitĂ© au toucher du museau.
- đœïž Approche de la gamelle sans manger, choix de la nourriture plus molle.
- đ§ Bave, parfois teintĂ©e de rose, haleine forte.
- đȘ Pelage terne, toilette Ă©courtĂ©e.
- đ Perte de poids, repli social.
Certaines complications guettent. Les bactĂ©ries du biofilm peuvent gagner les tissus profonds, crĂ©er des poches parodontales, dĂ©chausser des dents et multiplier les foyers infectieux. La douleur chronique sâaccompagne de stress et altĂšre le sommeil. Dans des cas extrĂȘmes, le chat cesse de sâalimenter, avec un risque de lipidose hĂ©patique chez les individus en surpoids mis Ă jeun brutalement.
| Signal clinique đ | InterprĂ©tation đ§ | Urgence đ | Action utile â |
|---|---|---|---|
| Halitose marquĂ©e đźâđš | Biofilm actif et inflammation | Moyenne | Consultation, hygiĂšne buccale encadrĂ©e |
| Hypersalivation đ§ | Douleur caudale Ă la dĂ©glutition | ModĂ©rĂ©e Ă Ă©levĂ©e | AnalgĂ©sie, Ă©valuation de lâĂ©tendue |
| Anorexie 24-48 h đœïžâïž | Douleur sĂ©vĂšre, risque mĂ©tabolique | ĂlevĂ©e | Soins immĂ©diats, alimentation assistĂ©e |
| Saignements gingivaux 𩞠| LĂ©sions actives | Moyenne | ArrĂȘt des mordillages, soins topiques doux |
Pour sâorienter visuellement, une recherche vidĂ©o peut rassurer et aider Ă repĂ©rer les signes sans forcer lâexamen au domicile.
Le maßtre-mot reste la précocité. Plus vite la douleur est maßtrisée, plus la spirale anorexie-inflammation se brise.
Diagnostic vétérinaire de la gingivostomatite: examens, imagerie dentaire et bilans ciblés
Le diagnostic combine inspection buccale, imagerie dentaire et tests complĂ©mentaires adaptĂ©s au cas. La premiĂšre Ă©tape consiste Ă Ă©valuer lâĂ©tendue des lĂ©sions, la mobilitĂ© dentaire et la prĂ©sence de poches parodontales. Chez les chats douloureux, cette Ă©valuation est souvent rĂ©alisĂ©e sous anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale courte, permettant un examen complet et un dĂ©tartrage initial si indiquĂ©.
La radiographie dentaire aide Ă visualiser les racines, dĂ©tecter des rĂ©sorptions dentaires et guider les extractions. Des prĂ©lĂšvements buccaux peuvent ĂȘtre envoyĂ©s pour une RT-PCR calicivirus, utile pour le pronostic et lâajustement des mesures de biosĂ©curitĂ© Ă la maison. Le dĂ©pistage FIV-FeLV garde une place pour Ă©clairer le terrain immunitaire, sans dĂ©signer un coupable unique.
Un bilan sanguin orientĂ© – NFS, biochimie, Ă©lectrolytes – renseigne sur lâhydratation, les fonctions rĂ©nale et hĂ©patique, dâautant plus si des anti-inflammatoires ou immunomodulateurs sont envisagĂ©s. Dans certains cas, une biopsie des tissus buccaux clarifie un doute diffĂ©rentiel, notamment face Ă une masse ulcĂ©rĂ©e atypique.
- đ§Ș Parcours type dâexploration :
- đ· Radiographies dentaires segmentaires sous AG.
- 𧫠RT-PCR calicivirus sur écouvillon buccal si suspicion élevée.
- đ§Ž Ăvaluation du biofilm et des lĂ©sions aprĂšs dĂ©tartrage test.
- đ©ș NFS-biochimie avant AINS, corticoĂŻdes ou ciclosporine.
- đ§Ș Tests rapides FIV-FeLV selon lâhistorique vaccinal et social.
| Examen đ§° | Objectif đŻ | Quand le faire â±ïž | Note pratique âïž |
|---|---|---|---|
| Radio dentaire đŠ· | Racines, rĂ©sorptions, poches | Avant extractions | Affine le plan chirurgical |
| RT-PCR calicivirus 𧫠| Identifier un cofacteur viral | GSCF suspectée | Aide au pronostic et à la prévention |
| NFS-biochimie 𩞠| Ătat gĂ©nĂ©ral, reins, foie | Avant traitements au long cours | SĂ©curise les prescriptions |
| Biopsie đŹ | Ăcarter dâautres Ă©tiologies | LĂ©sions atypiques | Ă envisager si rĂ©ponse atypique |
LâhygiĂšne buccale quotidienne se prĂ©pare souvent dĂšs cette phase. Des gels ou pĂątes Ă base de chlorhexidine comme Stomodine, Dentisept ou des solutions de la gamme Virbac – par exemple C.E.T. Virbac – sont proposĂ©s selon la tolĂ©rance du chat. Certaines cliniques utilisent des soins complĂ©mentaires, tels que des applications ciblĂ©es en postopĂ©ratoire, pour limiter la recolonisation bactĂ©rienne.
Un point dâĂ©quilibre se dessine alors: sĂ©curiser les actes, soulager la douleur, et poser les bases dâun soin Ă la maison rĂ©aliste pour la famille.

Soins validés et options complémentaires: protocoles modernes contre la gingivostomatite
La thĂ©rapeutique assemble plusieurs briques. Le dĂ©tartrage-polissage sous anesthĂ©sie retire plaque et tartre, lissant la surface des dents. Sâil existe des dents mobiles, rĂ©sorptions ou poches profondes, des extractions ciblĂ©es ou plus Ă©tendues sont discutĂ©es. Beaucoup de chats, y compris ceux qui perdent la majoritĂ© de leurs molaires, retrouvent une alimentation satisfaisante et un confort notable aprĂšs la phase de cicatrisation.
La douleur est traitĂ©e sans concession: AINS quand la fonction rĂ©nale le permet, ou protocoles alternatifs, et, si nĂ©cessaire, molĂ©cules antalgiques plus spĂ©cifiques. Les antibiotiques ne sont pas une solution durable, mais rĂ©duisent la charge bactĂ©rienne autour dâun acte dentaire ou dâune poussĂ©e aiguĂ«. LâimmunitĂ© dĂ©raillant, des immunomodulateurs comme les corticoĂŻdes ou la ciclosporine peuvent ĂȘtre employĂ©s, avec une surveillance rapprochĂ©e.
Des approches complĂ©mentaires renforcent la stratĂ©gie. La thĂ©rapie laser en sĂ©ances, lâinterfĂ©ron omĂ©ga fĂ©lin en protocoles ciblĂ©s, ou encore des soins topiques quotidiens aident certains chats. Ă domicile, la famille dispose dâune palette de produits de qualitĂ© vĂ©tĂ©rinaire: gels antiseptiques Stomodine, pĂątes buccales Dentisept, solutions enzymatiques C.E.T. Virbac, poudre dâalgues PlaqueOff, solutions buvables comme Hexagile ou encore lâhydratation nutritionnelle Oralade pour soutenir lâappĂ©tit les jours difficiles. Les laboratoires Virbac et Vetoquinol proposent des gammes dĂ©diĂ©es Ă lâhygiĂšne buccale fĂ©line.
- đ§ Plan dâaction type :
- đïž J0-J14: dĂ©tartrage, extractions si besoin, analgĂ©sie stricte, alimentation douce.
- 𧎠J15-J45: soins topiques quotidien ou 1 jour sur 2, reprise progressive du brossage si toléré.
- đ§Ź J30-J60: Ă©valuation de lâintĂ©rĂȘt dâun immunomodulateur, ajustements.
- đ§Ș J60+: hygiĂšne stabilisĂ©e, contrĂŽles trimestriels, surveillance de la courbe de poids.
| Option thĂ©rapeutique đ ïž | Objectif đŻ | Ăvidence đ | Points dâattention â ïž |
|---|---|---|---|
| DĂ©tartrage-polissage đȘ„ | Retirer plaque-tartre, lisser | Forte | AG nĂ©cessaire, suivi Ă domicile |
| Extractions ciblĂ©es đŠ·âïž | Supprimer foyers et douleur | Forte | CoĂ»t, cicatrisation, diĂšte molle transitoire |
| Immunomodulateurs đ§Ź | RĂ©duire lâhyperrĂ©activitĂ© | ModĂ©rĂ©e | Surveillance rĂ©nale-hĂ©patique |
| Topiques Virbac – C.E.T. đ§Ž | ContrĂŽle bactĂ©riens quotidien | ModĂ©rĂ©e | AdhĂ©sion et tolĂ©rance |
| InterfĂ©ron omĂ©ga đ | Modulation antivirale-immunitaire | Variable | CoĂ»t Ă©levĂ©, protocole spĂ©cialisĂ© |
Sur le volet alimentaire, les croquettes dentaires type Royal Canin Dental ou Hillâs Prescription Diet t/d Feline sâintĂšgrent Ă moyen terme pour lâeffet abrasif contrĂŽlĂ©. En phase douloureuse, lâoption pĂątĂ©e tiĂ©die et textures mixĂ©es prime; lâimportant est de relancer lâapport Ă©nergĂ©tique. Lâajout dâOralade facilite lâhydratation et la reprise de lâappĂ©tit.
Au cĆur de ce dispositif, une rĂšgle simple: avancer par Ă©tapes, mesurer la rĂ©ponse, et ajuster sans sâenfermer dans une voie unique.
Prévention et hygiÚne: brossage, nutrition, micronutrition et routines 30-60-90 jours
La prévention réduit la fréquence des poussées et la sévérité des douleurs. Trois leviers dominent: hygiÚne mécanique par le brossage, contrÎle chimique du biofilm, et nutrition optimisée. Le tout doit rester réaliste pour la famille et acceptable pour le chat.
Le brossage progressif, 3 minutes maximum, 3 fois par semaine, commence par un conditionnement positif: friandises, gant doigtier, puis brosse souple avec pĂąte enzymatique C.E.T. Virbac. Les jours de sensibilitĂ©, basculer sur un gel Stomodine ou Dentisept posĂ© en film fin sur le sillon gingival. Pour renforcer le contrĂŽle du biofilm, une poudre dâalgues PlaqueOff peut ĂȘtre intĂ©grĂ©e Ă la ration une fois par jour, aprĂšs avis vĂ©tĂ©rinaire, comme ressource complĂ©mentaire. Des solutions buvables type Hexagile sâutilisent en cure courte pour les pĂ©riodes Ă risque.
CĂŽtĂ© gamelle, lâobjectif est double: soutenir lâimmunitĂ© et limiter la collance des rĂ©sidus alimentaires. AprĂšs cicatrisation, les croquettes dentaires de Royal Canin ou Hillâs Prescription Diet participent Ă la mĂ©canique de friction. Les jours difficiles, on privilĂ©gie des textures lisses et tiĂšdes pour rĂ©duire la douleur Ă la mastication.
- đșïž Routine 30-60-90 jours :
- đïž J1-30: apprentissage du brossage, topiques un jour sur deux, ration humide tiĂ©die si douleur.
- đïž J31-60: brossage 2-3 fois par semaine, introduction croquettes dentaires, PlaqueOff quotidien.
- đïž J61-90: stabilisation, contrĂŽle vĂ©tĂ©rinaire, ajustement des produits selon tolĂ©rance.
| Outil đ§° | But đŻ | FrĂ©quence đïž | Astuce dâadhĂ©sion đĄ |
|---|---|---|---|
| Brossage C.E.T. Virbac đȘ„ | Rupture du biofilm | 2-3 fois/sem | RĂ©compense immĂ©diate đș |
| Stomodine – Dentisept đ§Ž | Antisepsie douce | Quotidien ou alternĂ© | Appliquer aprĂšs repas |
| PlaqueOff đ§ | Modulation du tartre | Quotidien | Commencer Ă demi-dose |
| Hexagile đ§ | Support buccal | Cures ciblĂ©es | Utiliser 5-7 jours |
| Oralade đ„€ | Hydratation – appĂ©tit | Au besoin | Tiedir lĂ©gĂšrement |
Pour Moka, la famille a installĂ© un rituel du soir: une minute de caresses, gel buccal mince, puis rĂ©compense tactile et friandise molle. En 6 semaines, lâhaleine sâamĂ©liore, le pelage redevient soyeux, et les rendez-vous de contrĂŽle sâespacent.
PrĂ©venir ne veut pas dire tout faire en mĂȘme temps. Une rĂšgle: commencer petit, tenir, puis Ă©largir.
Vivre avec une GSCF: qualité de vie, suivi, alimentation assistée et budget maßtrisé
La gingivostomatite chronique sâinscrit parfois dans la durĂ©e. Viser la qualitĂ© de vie fait toute la diffĂ©rence: allĂ©ger la douleur, prĂ©server lâappĂ©tit, maintenir le lien social. Un suivi trimestriel au dĂ©but, semestriel ensuite, Ă©vite les rechutes silencieuses.
Sur les pĂ©riodes de poussĂ©e, la bascule vers des textures molles sâimpose: pĂątĂ©es lisses, bouillons enrichis, voire une ration mĂ©nagĂšre hachĂ©e finement. Quand lâapport oral devient impossible, lâĂ©quipe vĂ©tĂ©rinaire peut proposer une alimentation assistĂ©e temporaire, voire une sonde dâoesophagostomie en cas dâanorexie prolongĂ©e. Oralade aide Ă hydrater et apporte des Ă©lectrolytes et acides aminĂ©s lorsque lâodeur de la nourriture rebute.
La gestion de la douleur doit rester proactive. Un journal de bord note lâappĂ©tit, lâhaleine, la bave, les grimaces au contact de la bouche. Ce tableau guide les rendez-vous et les ajustements thĂ©rapeutiques. CĂŽtĂ© environnement, rĂ©duire le stress – zones calmes, enrichissement, routine stable – diminue la sensibilitĂ© aux poussĂ©es inflammatoires.
- đ§© Conseils de vie au quotidien :
- đïž Espace refuge calme et chaud, bol dâeau multiple, fontaine si apprĂ©ciĂ©.
- đČ Gamelles peu profondes, pĂątĂ©es tiĂ©dies, textures variĂ©es pour tester la tolĂ©rance.
- đ Carnet de suivi: douleur 0-10, appĂ©tit, haleine, bave, poids mensuel.
- đ Organisation des cures: topiques, cures de PlaqueOff, pauses si irritation.
- đšââïž Visites planifiĂ©es, bilans sanguins si traitements au long cours.
| Volet đ§ | Action đ | BĂ©nĂ©fice đ | Emoji đŹ |
|---|---|---|---|
| Alimentation | PĂątĂ©e lisse, tiĂšde, fractionnĂ©e | Douleur rĂ©duite, apports repris | đČ |
| Hydratation | Eau multiple, Oralade au besoin | Risque de dĂ©shydratation abaissĂ© | đ§ |
| HygiĂšne | Topiques Stomodine, Dentisept | Biofilm sous contrĂŽle | đȘ„ |
| Immunité | Suivi des immunomodulateurs | Crises moins intenses | 𧏠|
| Budget | Prioriser actes dentaires, produits clĂ©s Virbac, Vetoquinol | Impact clinique maximal | đ¶ |
Sur le plan financier, lâextraction Ă©tendue peut sâĂ©lever de quelques centaines dâeuros selon les rĂ©gions et le temps opĂ©ratoire. Pour rĂ©partir lâeffort, certaines familles Ă©chelonnent les soins, commencent par les quadrants les plus inflammĂ©s, et sâappuient sur des produits phares Ă forte valeur ajoutĂ©e: enzymatiques C.E.T. Virbac, antiseptiques Dentisept, algues PlaqueOff, solutions Hexagile. Les gammes dentaires Royal Canin et Hillâs Prescription Diet prennent le relais Ă moyen terme.
Avec une approche patiente et des ajustements rĂ©guliers, la majoritĂ© des chats retrouve une vie confortable, mĂȘme si la guĂ©rison totale nâest pas lâobjectif rĂ©aliste chez tous.
FAQ
Mon chat a mauvaise haleine et bave, est-ce forcément une gingivostomatite ?
Pas forcĂ©ment, mais câest un signal dâalarme. Halitose et hypersalivation sont frĂ©quentes en cas dâinflammation buccale. Un examen vĂ©tĂ©rinaire avec radiographie dentaire permet de distinguer gingivite simple, gingivostomatite et autres causes comme rĂ©sorptions dentaires ou corps Ă©tranger.
Les croquettes dentaires suffisent-elles à prévenir la gingivite ?
Elles aident, surtout Royal Canin Dental et Hillâs Prescription Diet t/d, grĂące Ă un effet de friction. Elles ne remplacent pas le brossage ni les soins topiques (C.E.T. Virbac, Stomodine, Dentisept). LâidĂ©al combine mĂ©canique, chimique et suivi rĂ©gulier.
Faut-il toujours extraire des dents en cas de GSCF ?
Non, mais les extractions ciblĂ©es amĂ©liorent nettement le confort quand les lĂ©sions sont profondes ou les dents dĂ©chaussĂ©es. La dĂ©cision sâappuie sur la radio dentaire et la rĂ©ponse aux soins mĂ©dicaux. Beaucoup de chats mangent trĂšs bien aprĂšs cicatrisation.
Le calicivirus se soigne-t-il ?
On ne lâĂ©radique pas, mais on en gĂšre lâimpact. La vaccination contre le coryza limite certains risques. Des approches comme lâinterfĂ©ron omĂ©ga peuvent ĂȘtre discutĂ©es au cas par cas, dans une stratĂ©gie globale qui contrĂŽle surtout la douleur et le biofilm.
Quels produits dâhygiĂšne privilĂ©gier Ă la maison ?
Un trio Ă©prouvĂ©: pĂąte enzymatique C.E.T. Virbac pour le brossage, gel antiseptique Stomodine ou pĂąte Dentisept sur les gencives, poudre dâalgues PlaqueOff dans la ration. En soutien, Hexagile en cure courte et Oralade pour lâhydratation quand lâappĂ©tit baisse.